mardi, 04 mars 2008

Où on ne dort pas

Nuit Blanche samedi soir. Ça se dit samedi nuit? Donc, samedi nuit et dimanche pré-matin.

J’étais contente de voir Nathan, déçue que Zoé n’ait pas pu venir. Et il y a eu le spectre de Gwen, comme souvent lorsque je suis avec Nathan, qui rôdait autour.

Il y avait aussi P, ami de Nathan.

 

D’abord, ma soirée a commencé avec le Wagon Bleu Diabolique. En arrivant à Montmorency, je vois que mon «wagon habituel» est subitement devenu bleu. Amusée et me demandant bien de quelle pub il s’agit, j’y entre. Les murs sont complètements couverts d’une espèce de tapisserie à motif de bois-teint-en-bleu-royal. Je découvre ensuite que les vitres portent des peintures étranges, à ma gauche comme une fille en maillot qui saute d’une vague, et devant moi ce qui ressemble au premier coup d’œil au sang d’un animal mort mais qui s’avère être une image de feux arrières de voitures. Déjà, c’est troublant, mais je trouve ça sympa alors je plonge mes oreilles dans Virgile en souriant. Et puis, le trajet commence.

Par-dessus la musique de Virgile, il me semble entendre des voix. Avec irritation, je me dis d’abord que les autres passagers sont bien bruyants. Puis, d’autres sons me parviennent, comme un sifflet, ou des clochettes stridentes. Intriguée, j’enlève mes écouteurs pour entendre, très fort, le bruit d’un train arrivant à toute allure.

«Oh. Mon. Dieu. Le wagon fait du bruit.»

En effet, avant et après chaque entrée en station, un son différent, et particulièrement fort, est émis par les haut-parleurs normalement réservés à la ptite madame. Totalement traumatisée je suis. Avec l’animal mort étalé devant moi, sûrement un écureuil, le bleu partout et les bruits, je me sens comme si j’étais subitement devenu schizo. Bon, je dois dire qu’une partie de mon cerveau, celle qui ne se laisse pas traumatiser à la moindre broutille, trouvait ça génial. Après tout, ça n’arrive pas tous les jours de se trouver au milieu d’art conceptuel. Je crois qu’il s’agissait d’art conceptuel.

Néanmoins, je suis soulagée d’arriver enfin à Berri-UQAM, où m’attend Nathan et ses cheveux. Je me sens alors pleine d’énergie et la part détachée de mon cerveau constate que je parle quelques décibels trop fort. Le temps d’avaler une pizza, de jeter un rapide coup d,œil au programme, et nous voilà partis chercher P, qui attend, fraîchement débarqué de Québec, au terminus d’autobus.

 

(Constatant que ma simple description de wagon est déjà beaucoup trop longue, je vais simplifier à partir d’ici.)

 

Arrivé au centre des sciences. Pas de mammouths comme l’an passé. Chaise de fakir, tornade en fumée, bulle géante. Miroir du Gros Cul. («Pas juste! Même là-dedans t’as pas de grosses fesses, et moi j’ai un derrière énooorme!») Miroir du Mannequin. («Okay, je reste là pour toujours, j’ai trop une silhouette de mannequin!»)

Course effrénée pour atteindre les feux d’artifices. Pow pow boum.

Course effrénée pour atteindre la navette. C. («Salut Moon!») Seigneur, elle m’a reconnue.

Toilettes troublantes de la Grande Bibliothèque. Tag! Tomber dans la neige. Paint-ball. «Dis-leur que t’as un coupe-ongle et que tu sais t’en servir!» «Un coupon?»

«Pourquoi je peux pas te prendre en photo?»

Je ne peux pas me déguiser en petite sirène, ni en princesse. Déception.

Bob le T-Rex. Momie dans le noir. «Euh… j’ai peur des momies.» «T’as peur des momies?!»

Amour pour M. Tête-de-Néandertal.

Amour pour les roches.

«J’ai voulu être géologue.» «La géologie, c’est nul!»

Vision en clair-obscur. Ne pas oser dire que c’est magnifique.

Èmecégille bravant la neige.

Beignes.

Bal masqué. Trop de monde, pas de masque. Pas de danse. Belles robes.

«On a vraiment des intérêts opposés.»

Ravaler les remarques gardées secrètes.

Épées. Sourire béat. «Un mec sexy, sale, qui porte un kilt et une épée pleine de sang, aaawww…» «Alors tu fais un trip Braveheart!» «Absolument.»

Place-des-Arts. Entrée introuvable. Pieds mouillés. Froid.

Karaoké. Bout du monde. Hésitation. Sèche tes pleurs.

Choc post-traumatique. J’ai chanté à la Place-des-Arts. Je chante mal.

Le Planétarium, c’est la frontière de l’univers. Froid. Pieds mouillés. Froid.

Regarder les étoiles.

Attendre, manger, métro, dodo.

 

Pieds rouges. «Mes bottes ont déteint.» Autres remarques ravalées.

Frosted flakes. «Tu sais, du miel de trèfle, ça existe liquide aussi.»

Horrible traduction de jeu.

Rose. Partir.

 

Somme toute, bonheur.

Commentaires

Hahahaha, tu es devenue une vrai Sherbrookoise alors ?! Car le wagon bleu il existe depuis déjà plusieurs années ! J'adore le prendre, il est majoritèrement sur le ligne orange dans la partie milieu-avancé du train !

J'adore quand j'arrive à le trouver ! Ya du monde qui chantent, une petite fille qui parle en espagnol ! C'est beaucoup trop nice ! ;)

Ecrit par : Une Poussière | mercredi, 05 mars 2008

J'adore ce post!!

J'ai pensé à vous moua! mais je pouvais pas beeehhh!

Ecrit par : Zab | mercredi, 05 mars 2008

Haha, c'est encore plus drôle d'observer les réactions des autres... Des visages confus à la simple indifférence, en passant par les sourires béats et les discussions interminables échangées avec une petite madame ou petit monsieur sur l'étrangeté d'un tel wagon et la joie de vivre qu'elle peut apporter!!! Fut l'objet de nombreuses suggestions farfelues parmi l'univers estudiantin...!

Ecrit par : Ju | jeudi, 06 mars 2008

Woohoo, superbe compte-rendu plein de souvenirs géniaux :D

Ecrit par : Nathan | samedi, 08 mars 2008

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